Video : 2 Faites Entrer L'accusé Paul Touvier
parti 3:
Synopsis : 1945. Paul Touvier, en fuite, est condamné à mort par contumace par la Cour de Justice de Lyon le 10 septembre 1945 pour son rôle dans la collaboration et la milice lyonnaise. Rafles, extorsions de fonds, persécutions de juifs figurent parmi les chefs d’accusation. Il est arrêté une première fois en 1947, mais la police le relâche étrangement. Les années passent, le lobbying catholique obtient sa grâce auprès du président George Pompidou en 1971. Celui-ci justifiera plus tard sa décision : “Le moment n’est-il pas venu de jeter le voile ? D’oublier ces temps où les Français ne s’aimaient pas, s’entredéchiraient, s’entretuaient ?”. Plus de nouvelles jusqu’au printemps 1972 : un journaliste de l’Express retrouve la trace de Touvier dans une maison près de Chambéry et publie sa photo. La presse s’empare de l’affaire, la polémique enfle et les anciens Résistants lancent la traque. Touvier disparaît à nouveau. Une première plainte est déposée contre lui pour crimes contre l’humanité en 1973, pour son implication dans l’exécution de sept juifs à Rillieux-La-Pape. L’instruction est ouverte en 1981. A l’issue d’un véritable jeu de piste, Paul Touvier est arrêté au Prieuré Saint-François à Nice le 24 mai 1989 et condamné en 1994, par la Cour d’Assises de Versailles, à la réclusion criminelle à perpétuité. C’est un procès historique : Touvier est le premier Français condamné pour complicité de crimes contre l’humanité, cinquante ans après les faits. Il mourra deux ans plus tard, à la maison d’arrêt de Fresnes. L’un de ses proches ecclésiastiques, le prêtre Philippe Laguérie, évoquera, lors de la cérémonie, son “âme délicate, sensible et nuancée”.